Samedi 15 octobre 2011
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L'avis de la Librairie du Merveilleux Il est
des livres qui arrivent à point nommé pour celui qui les lit, des livres qui marquent et sèment les germes d’une réflexion, ouvrent les portes du changement. Je dois reconnaître que ce
livre est arrivé entre mes mains au moment où il fallait. Mais de quoi s’agit-il ?
L’auteur, Gareth Knight, fut l’élève de la célèbre occultiste Dion Fortune dont on appréciera son ouvrage
magistral sur les Séphiroths : « La Cabale Mystique » publié aux éditions Adyar.
Motivé donc de lire ce livre par la filiation spirituelle de l’auteur, je n’en reste pas moins méfiant de
nature et je m’attendais à trouver ici une somme de réflexions occultes mêlant, comme souvent, des considérations pseudo-théosophico-hindouisto-bouddhiste mal digérées avec de la kabbale à la
sauce chrétienne.
Il n’en fut rien. En fait, il s’agit même exactement de l’inverse. D’emblée, l’auteur explique et
dénonce cette invasion de l’extrême orient dans la pensée ésotérique occidentale. D’emblée, avec clarté, pertinence, intelligence et sans complexe, Gareth Knight explique en quoi le
christianisme se suffit à lui-même et n’a pas besoin de l’Inde ou de l’Himalaya pour être une tradition mystique pleine et entière. Mieux, l’auteur montre en quoi le théisme personnel
révélé par Dieu et proposé par le christianisme est de loin supérieur au monisme spéculatif d’origine humaine des traditions d’extrême orient.
Point d’ethnocentrisme ici mais un simple raisonnement logique car si les traditions monistes explorent et
entretiennent les relations avec l’âme du monde, elles pensent souvent à tort avoir atteint là le sommet de la spiritualité. Or, si l’âme du monde existe bien, elle n’est jamais qu’un monde
intermédiaire entre Dieu et les hommes.
L’auteur plaide donc pour cette transcendance divine mais insiste également sur la richesse spirituelle de
l’expérimentation mystique personnelle qui peu à peu fait gravir l’échelle menant au divin.
Dans le reste de l’ouvrage, Gareth Knight met en relief l’héritage des grands mystiques chrétiens médiévaux,
de la mystique rhénane au roman du Graal. Pic de la Mirandole et Marcile Ficin sont également étudiés et à leur suite, l’auteur plaide pour une magie chrétienne qui s’inscrirait dans
l’orthodoxie de la théologie. D’habitude, les auteurs plaidant pour un rapprochement entre l’Eglise et l’ésotérisme (occultisme) chrétien ont tendance à le faire en se plaçant du point de
vue de l’ésotériste demandant à l’Eglise de s’adapter à lui et de l’accueillir. Gareth Knight fait l’inverse. Prônant ce même rapprochement, il demande aux ésotéristes de se mettre à
niveau par rapport à la théologie officielle et justifie le rejet par l’Eglise de ceux qui ne le font pas. Une position courageuse qui risque de déplaire à certains mais qui est lumineuse
de parce qu’elle replace les choses dans leur juste perspective.
Gareth Khnight, Expérience des mondes intérieurs, Ediru (Livre rare
!).
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